La situation économique est jugée inquiétante, la situation sociale est jugée préoccupante, la situation géopolitique est jugée sérieuse. Evidemment, on pourrait interchanger les adjectifs, économie préoccupante, situation sérieuse, géopolitique inquiétante. Ces trois champs interfèrent. Ils ont chacun des solutions spécifiques. Les banques centrales peuvent intervenir pour minorer les effets de la crise bancaire. L’Etat et les associations tentent de minimiser les conséquences de l’économie, les inégalités notamment. Les manœuvres stratégiques et la diplomatie s’efforcent de réduire l’ampleur des conflits. D’un côté, les pyromanes et, de l’autre, les pompiers ou bien les affameurs et le Samu social mondial. Malgré quelques zones chaotiques, le monde résiste, avec des crises. Une question, veut-on et peut-on résoudre la crise sociale en France et en Europe ? Une crise qui a pour dénomination et dénominateur le mot inégalité économique. On voit que les financiers ont parfois quelques moyens et font preuve de bonne volonté envers les banques. On constate que les Etats ont une volonté avérée, mais limitée pour colmater la crise sociale avec des moyens limités. Dans le domaine des conflits géopolitiques, il suffirait d’un peu moins de volonté agressive et d’un peu plus de sagesse pour limiter des guerres.
Ce court liminaire permet de cadrer la crise sociale dans un champ plus étendu en suggérant quelques interrogations ; quels moyens pour la contenir et le cas échéant, inventer une nouvelle société ? Et, en dernier ressort, les volontés (efficaces) sont-elles décidées à régler cette question ?
Une piste pour commencer. La crise sociale actuelle se manifeste à travers une donnée statistique, la répartition des revenus entre travail et capital. Plus précisément, il s’agit de la valeur ajoutée, produit de l’activité de transformation des hommes dans le système, une valeur qui se répartit entre la masse salariale et la rémunération du capital investi. Ce chiffre quasi magique est parfois évoqué par le PS, plus souvent par Olivier Besancenot, « grand défenseur » du monde du travail. D’après les statistiques, entre 1975-1985 et 2000-2010, la part des revenus du travail aurait perdu presque dix points au profit du capital. Rappelons quand même l’inflation des années 75-85, un mal qui finit par se retourner contre l’économie, pas seulement le profit, puisque l’individu moyen ne peut plus gérer son épargne et se trouve pris à la gorge, obligé de dépenser au risque de voir ses économies s’envoler. Bref, pas de quoi faire de ces années-là un exemple de vertu. Soulignons aussi le nivellement. La part des revenus du travail a diminué certes, mais le chiffre est le pire des trompe-l’œil car il masque deux réalités. D’abord la disparité des salaires, la chute des revenus du travail étant dû au dumping social comme on le sait, alors que les hauts revenus ont bien tenu la route. Par ailleurs, l’augmentation du Smic ne doit pas masquer les temps partiels non choisis. Ensuite, comment calculer la répartition dans une TPE ? Les analystes le savent, ils doivent assigner un salaire pour le chef d’entreprise.
En résumé, l’évolution de la répartition entre revenus du capital et du travail est un chiffre inopérant à plusieurs égards. Y inclut-on les prélèvements fiscaux ? De quoi parlent ces chiffres, avant ou après prélèvements ? Et quand on compare avec d’autres pays est-on sûr que les fiscalités sont incluses et les modes de calculs identiques ? Bref, comme pour le chômage, les chiffres sont le résultat d’une situation réelle et d’un mode de calcul. C’est comme quand on parle des salaires ; brut ou net ? On lance le Smic à 1 500 euros, somme symbolique, et les politiques ont foncé billes en tête lors de la précédente campagne. C’est comme le bocal de cornichons. Il y a le poids total et le poids net égoutté car on ne boit pas le vinaigre. Le type qui gagne 1 500 euros bruts, il n’a pas 1 500 euros pour payer toutes ses dépenses. Les chiffreurs nous prennent pour des cornichons et ça marche. Alors pourquoi se priver sur les chiffres de la répartition entre les revenus ? Alors qu’en plus, un troisième terme intervient, celui des revenus octroyés par l’aide sociale. Aides au logement, minima sociaux, allocation familiales, voilà des revenus dits sociaux, fixés par les gouvernements qui par ailleurs, décident de la fiscalité, celle-ci s’exerçant sur les profits et sur les salaires. Avec une telle complexité, on n’est pas au bout du chemin ni des surprises. Et l’on peut dire n’importe quoi, inventer un modèle social suédois, admirer la politique de Tony Blair, louer la croissance irlandaise.
La seule certitude qu’on a, c’est que les revenus du profit ont augmenté car les chiffres de rémunération du capital sont tangibles. Mais qu’il y a aussi des limites dont le symptôme très médiatisé est la crise des subprimes aux effets « naturels » ; faillites bancaires, réduction des bénéfices, bref, ça se dégonfle parce que la « succion financière » de l’économie a trouvé ses limites. Pendant ce temps, la production s’accroît et la mondialisation n’a rien d’un mal. L’idée qu’on puisse rééquilibrer par les voies classiques (Etat, syndicats, lutte des classes) la rémunération du travail est une illusion. D’ailleurs, toutes les solutions classiques sont devenues inopérantes, sauf à pousser les sociétés dans une crise sociale majeure. La croissance des revenus du capital repose en fait sur la concentration des activités à haute valeur ajoutée. Pour l’essentiel dans les grands groupes et les grosses PME innovantes et récemment l’immobilier. Et si on peut penser que la part des revenus du capital augmente, c’est parce que la part de l’économie qui entre dans ce secteur comptable s’accroît.
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Le principal problème économique, c’est la circulation sectorielle de l’argent, avec une concentration dans des activités à hauts revenus, haute valeur ajoutée et des opérations spéculatives, au rendement excessif. Ce qui assèche des pans entiers de la société avec des besoins sociaux et culturels à financer. La situation de l’économie en 2008 est, semble-t-il, nouvelle, inédite. Elle appelle une mesure elle aussi inédite. La seule envisageable si on vise l’équité sociale, c’est d’user de la « planche à billet » européenne sous un contrôle démocratique. C’est le seul moyen de rééquilibrer la circulation de l’argent et d’irriguer tout un pan d’activité, sans pour autant créer de l’inflation. Car nous ne sommes plus dans l’ancienne économie, d’avant 1970 !
L’ancienne lutte des classes est devenue inopérante et inefficace dans les groupes privés. Dans la fonction publique, elle est devenue illégitime après avoir livré ses dernières batailles, victoire en 1995, puis échec contre l’alignement des retraites décidé sous Raffarin et la fin des régimes spéciaux sous Fillon. Pendant ce temps, l’argent, sa puissance, a mené une lente, mais efficace lutte pour le profit. L’argent est un moyen de faire pression sur les Etats, sur la fiscalité, sur la pénurie, de logements, de terrain, bientôt des matières premières. Le système économique et étatique est une sorte de forme plastique qui épouse les contours des pressions financières. Et qui avance avec la légitimité que lui confèrent ses intellectuels et autres spins doctors de l’économie du profit. Les hauts salaires ont flambé, les dividendes, les stock-options, les parachutes dorés, les rémunérations de la haute administration, les revenus des stars, de professionnels libéraux. La plupart de ces gens ont bénéficié des jeux spéculatifs. Aux Etats-Unis plus qu’ailleurs. Ces Etats-Unis qui seraient sur le point de racheter les subprimes pour secourir les banques en détresse. 500 milliards de dollars à charge du contribuable mais qui, si on observe bien la tuyauterie des mécanismes financiers, vont tomber pour une bonne part dans des comptes fortunés. La communication des élites financières serait-elle si efficace ? Pas encore, les responsables ne sont pas disposés à agir car l’opinion publique n’acceptera dans cette opération de sauvetage des banquiers indélicats ; risques politiques évidents, surtout en période préélectorale. Car le contribuable vote.
Pour que le système adopte une nouvelle résolution, il faudrait non pas une lutte des classes, mais un combat intellectuel, une lutte symbolique, rationnelle, éthique. Une lutte qui maintenant semble perdue d’avance. Instinctivement, les élites, intellectuelles, médiatiques, économiques, politiques et du show-biz, ne peuvent aller contre leurs intérêts même si quelques remords les gagnent, s’achetant une bonne conscience dans des bonnes paroles ou de l’humanitaire. Quant aux altermondialistes, leur bataille sera vaine tant qu’ils en resteront à des solutions classiques dont la taxe Tobin est le symptôme. Au risque de me répéter, la seule option alternative pour une société en partage, c’est une modification radicale de la gestion centrale de la monnaie, avec deux banques, la BCE et la Banque éthique. Une option qui reste un tabou n’est pas discutée et qui, pour être envisagée, suppose un mouvement d’ampleur de l’opinion publique et une intervention médiatique percutante. Etat des forces en présence : d’un côté des élites qui, chaque année, s’enrichissent en maintenant le système et en gagnant la bataille symbolique sur le front des médias. De l’autre, une société très diversifiée, avec des bons revenus et des pauvretés. Au milieu, des classes moyennes inquiètent. Le véritable objectif d’une refonte du système serait de renflouer les zones de pauvreté par injection monéthique (à concevoir), or, pour les classes moyennes et ouvrières, qui peinent à en sortir, c’est individualisme, chacun pour soi, aller ici où là, une entreprise ou une mairie, et caser son fils ou sa fille, sauver son pouvoir d’achat, sa position. Il manque cruellement d’une conscience citoyenne, d’une représentation positive alliée à un changement systémique, d’un désir de vouloir le bien pour les autres en même temps que pour soi. Bref, le système a parfaitement réussi son opération de communication symbolique, faisant de chaque individu un compétiteur reconnu par l’Etat, poussant les gens à se jauger, se comparer, paraître, s’envier ; montant les uns contre les autres, le smicard contre le rmiste, le lève-tôt contre le lève-tard, le méritant contre le soi-disant paresseux ! La propagande gouvernementale a très bien fonctionné. Elle crée des mythes et des symboles, faisant croire que des tonnes d’emplois ne sont pas pourvus et que les chômeurs sont des fainéants.
La question sociale est affaire de moyen et de volonté. Les moyens, ils existent, c’est certain. La volonté, elle, dépend de la représentation et celle-ci repose sur les discours et les images. Avec des processus subjectifs sachant filtrer. Imaginons qu’une banque européenne éthique émette de la monnaie pour renflouer la société amputée. Cela ferait baisser l’euro qui passerait de 1,6 à 1,4 ou 1,2, tout dépend de l’ampleur de l’intervention monéthique. Au final, des importations un peu plus chères, mais les prix restant à peu près stables car l’euro fort permet surtout aux intermédiaires de prélever des marges. Par contre, les voyages dans les zones non euro seraient plus chers. L’épargne, elle, serait un peu grignotée. En résumé... l’adéquation est parfaite entre ceux qui s’aveuglent sur les racines des maux économiques et la propagande des élites légitimant ce système. Il n’y a rien à faire. L’Histoire sait que les puissants ont toujours dominé les faibles, mais avec des moyens, des techniques, des discours, des symboles évoluant dans le temps. Parfois, quelques avancées se sont produites, comme le Grenelle de Mai-68 ou les dispositions du CNR, mais à quel prix ? Faut-il un cataclysme comme Vichy pour réveiller les consciences ? Ou bien l’avènement d’une nouvelle conscience ? Tout est envisageable pour sortir de ce système parvenu aux limites de ses contradictions. Et qui marche la tête à l’envers ! |
Nous y sommes, cette fois c’est sûr, on nous dit que la situation est grave, que l’économie mondiale est dans une phase mortelle, enfin presque, préparez-vous au pire, le système s’effondre et la grande dépression gagne le monde, comme en 1929. C’est Alan Greenspan qui le dit, ancien directeur de la banque centrale américaine, un type compétent, sérieux et bien placé, dont le verdict est suivi par DSK, notre excellent ancien ministre de l’Economie ; c’est donc du lourd, du sérieux ! Panique à bord, le Titanic des économies mondiales a rencontré un iceberg financier, dont on n’a vu pour l’instant que la face flottante et émergente à travers quelques crises bancaires, un iceberg dont nul ne connaît l’exacte dimension et qui, pour l’essentiel, est attribué aux subprimes. Et sur le fond, à l’indélicatesse des banques ayant tendance à confondre leur mission de financement économique et la fiesta à Las Vegas, jouant leurs fonds au casino. Jérôme Kerviel s’est fait prendre. Comme au casino, seuls les gros perdants entrent dans la légende. Du coup, touchées ou coulées, les banques subissent les conséquences de cette bataille navale financière.
Quelques exemples récents. Northern Rock, importante banque britannique, a été nationalisée temporairement par le gouvernement. Ouf, la queue aux guichets des titulaires de comptes bancaires s’est vite dissipée après l’annonce dans les médias. Mais cette mesure est une hérésie au pays du libéralisme. L’opération de renflouement est en place. Aux Etats-Unis, la cinquième banque d’affaire Bearn Stearns vient d’être rachetée pour pas cher par sa concurrente. Il faut dire que cette banque, élément central du réseau financier, était mise en difficulté par la participation de Carlyle et ses fonds spéculatifs en faillite. Du coup, cette opération de rachat a sécurisé les risques d’effets domino. Cela vous rappellera sans doute une coupure d’électricité locale à moyenne échelle décidée pour éviter que l’effet domino ne plante tout le système à l’échelle nationale et au-delà. Ces opérations financières ne doivent rien au miracle, mais à l’action de la Banque centrale américaine injectant des liquidités pour renflouer le système, évitant un possible effondrement lourd de conséquences.
Pour apprécier la situation, il convient de prendre en compte à la fois la situation du dispositif économique, interconnecté, productif, et la "financiarisation" progressive de l’économie. Les banques sont au service du système économique, mais, fortes de leurs puissances financières, elles se sont partiellement déconnectées de ce qu’on appelle l’économie réelle. Quand la croissance est là, ces institutions sont invisibles et, d’ailleurs, c’est réciproque, la croissance fonctionne quand les banques et les Etats sont « raisonnables » et donc invisibles. Or, ce n’a pas été le cas récemment. Si bien que c’est le système spéculatif qui a plombé l’ensemble, créant des dettes, des bulles et par conséquent des rééquilibrages. Un peu comme la bulle du Japon dans les années 1980 ou celle de 1987. Le risque réel pour l’économie est très faible. Une bulle se dégonflant engendre une perte de croissance temporaire. Aux Etats-Unis, ce pourrait être une stagflation sur un ou deux ans. Rien de commun avec l’effondrement de la production en 1929, sur plus d’une décennie (voir mon article du 20/12/07). Mais au vu de la sacralisation de la croissance, c’est un problème décrété. La crise est perçue avec relativité. La perte d’un peu de pouvoir d’achat est devenue un drame. Les Occidentaux sont tellement accros à la consommation que toute contrainte sur le budget prend des proportions démesurées. Pauvres consommateurs français qui selon une étude récente ne déterminent plus leur choix sur la nouveauté du produit alimentaire, mais sur le prix. Quel drame. Le consommateur est maintenant obligé de lire l’étiquette du prix ! Cela dit, il existe des situations de paupérisation sérieuse, mais elles sont récurrentes et, crise ou pas, elles persistent. Ce qui inquiète, c’est la situation moyenne qui fait craindre un rétrécissement dans le budget des ménages et une fronde politique. Du coup, laisser planer une crise de 29, ça crée un choc psychologique et le citoyen consent à la rigueur. D’autant plus qu’une autre mauvaise nouvelle arrive et qu’il faut préparer l’opinion. Du moins, celle des Américains.
Cette autre nouvelle aura un même effet sur le budget, bien que les voies mécaniques soient différentes, enfin, pas tant que ça car tout est interconnecté. En plus de la croissance altérée, l’effet de ces malversations financières se fera ressentir au niveau de la position de l’individu en tant que contribuable. Car qu’il s’agisse d’une nationalisation de banque ou bien de liquidités injectées par la Fed, c’est en bout de chaîne le contribuable qui paye ou, du moins sans prononcer ce mot, le « citoyen moyen ». Avec à la clé un effritement des classes moyennes, une paupérisation croissante et, bien évidemment, un enrichissement de ceux qui ont pu gérer leurs billes, les retirer au bon moment, les replacer. Comme au moment de la bulle de la nouvelle économie en 2000. Cette aide des Etats au système bancaire est un classique. Son principe très connu. Privatiser les bénéfices et collectiviser les pertes. C’est ce qui s’est passé avec ce scandale trop oublié, celui du Crédit lyonnais, dont on comprend le changement de nom pour anesthésier la mémoire ; d’une banque ayant commis des malversations d’une ampleur aussi étendue que les subprimes et qui fut renflouée par l’Etat français, enfin, l’Etat n’a rien payé, tout étant à la charge du contribuable. Et, donc, sur le principe, la crise financière actuelle, c’est le Lyonnais (surtout aux States) multiplié par cent ou plus. Même si les produits bancaires sont différents car à l’époque du Lyonnais c’était pas les subprimes, mais des investissements douteux à grande échelle.
Laisser planer le spectre de 1929, c’est une manière de persuader le travailleur lambda qu’il y a urgence et que la rigueur imposée sert à préserver le système. C’est une opération de communication massive à laquelle se prêtent même les économistes les plus critiques, pour des raisons que j’ignore. Pourtant, quelques chiffres signifiants sont donnés. Michel Aglietta mentionne que 48 % des revenus sont captés par 10 % des individus, un chiffre comparable à celui de 1928. Ici, la comparaison se tient. Il y a bien crise, mais elle est d’ordre social, d’ordre inégalitaire. Aux deux extrémités du système se tiennent les riches dont une partie de la fortune repose sur les jeux financiers, et les très pauvres. Comme en 1928. Mais le système tient bon. Ce qui permet de résumer la situation en 2008. Socialement, c’est une crise de 1929, financièrement, c’est une crise de 2008, économiquement, c’est, à l’échelle mondiale, un trou d’air avec des zones plus secouées que d’autres et globalement une économie consolidée dont la croissance sera encore soutenue en moyenne, mais avec des zones fragiles.
Pour être complet sur le sujet, ajoutons l’importance des facteurs technologiques et aussi des matières premières, alimentaires ou bien énergétiques. Les pays émergents vont déguster, Malaisie, Indonésie par exemple. Et, bien évidemment, les classes fortunées, les oligarchies, sauront se préserver. En Chine, la bourse est surévaluée. Les Chinois ont fait comme les Américains en 1929, mais, vu le contexte global, cela se résumera à une configuration comme le Japon des années 1980 ou le Dow Jones en 1987 et leurs bulles spéculatives. La Chine perdra alors de la croissance. Passant de 11 à 9, puis à 7, voire 5, puis remontant. Pas de quoi dramatiser. Quant à la situation de l’individu mondial, il devra faire des choix dans sa consommation. On appelle cela la rigueur. Ce n’est pas forcément un mal dans l’absolu. Mais, comme je l’ai déjà dit, certains sont plus égaux que d’autres dans la rigueur.
La crise financière ne devrait pas nous toucher, sur un plan structurel, parce que nos institutions financières sont relativement saines par rapport à celles des States. Il y aura néanmoins un impact sur la croissance. Mais sur le plan de la propagande, c’est un bon outil pour faire avaler la rigueur. Aux States, c’est encore plus indispensable car il faut convaincre le citoyen américain qu’il devra subir les conséquences financières de la crise du système et participer à l’effort de "refinanciarisation" des banques qui ont été un peu légères. Et de sauver des types qui ont pourri l’économie nationale, des banquiers véreux qui ne seront pas inquiétés. Votre voisin, fortuné, a perdu au casino et se trouve à découvert. Le représentant de l’Etat vous demande alors de participer à son renflouement parce que votre voisin a des créances envers une banque qui finance une entreprise et, pas de bol, c’est cette entreprise qui vous verse votre salaire alors si vous ne voulez pas coopérer, vous risquez de perdre votre job.
Voilà, l’essentiel est dit. Je donne rendez-vous aux meilleurs économistes, les Greenspan, Attali, DSK et même Aglietta, dans deux ou trois ans. Nous verrons bien l’état du système. Mais, dans l’instant, on soupçonnera ce spectre de 1929 comme une panique irraisonnée de la part des maîtres du système, doublée d’une bonne propagande qui sert à faire accepter la rigueur et, pire, qui dispense le citoyen de réfléchir à une alternative car, la crise sociale, on peut la renflouer aussi, par une voie financière, fiscale, étatique, éthique, et la crise financière, on peut la contenir dans le futur par le biais de règles décidées en commun à l’échelle internationale autant que nationale, empêchant les jeux de casino. Les ultras diront qu’en moralisant les transactions financières et les prêts à risque, on perd de la croissance. Mais on a vu le résultat. La frénésie spéculative a tué la croissance au lieu de la soutenir. Le crime a profité à quelques-uns. Il y a des solutions pour un autre fonctionnement de la finance. Mais nos élites préfèrent préserver leur situation. Alors rien de tel que le spectre de 1929 pour impressionner. Tremblez et payez braves gens, le système va imploser, rampez et financez citoyens, les élites s’occupent de renflouer le navire !
Cher Jean-Michel Aphatie, sachez que je vous lis avec intérêt, appréciant du reste vos interventions sur Canal et votre franc-parler. A propos des élections municipales, vous avez donné votre interprétation personnelle, jugeant que les considérations locales l’avaient emporté. Du coup, n’ayant pas avoué que le peuple français avait désavoué Sarkozy, vous avez été jugé par votre ennemi juré, Jean-François Kahn, auquel vous répliquez. De notre France lointaine, sachez que nous ne sommes pas dupes et que nous nous amusons parfois de vos interventions. Non sans quelques interrogations métaphysiques. Vos joutes médiatiques sont-elles le signe d’une influence des ténors de la politique, Hollande et Copé et j’en passe, ou bien l’inverse ? A force de priser la mise en scène et le théâtre, vous avez incliné les politiques à se prêter à ce jeu qui, du reste, satisfait l’audimat, cet ectoplasme éructé des « sondagiers » de la vie superficielle et des phénomènes atmosphériques des humeurs politiques. En fin de compte, sachez que je ne crois pas une seconde que vous soyez sarkozyste. Vous êtes plutôt « disloqué », mais rien de grave docteur ; vous êtes comme beaucoup, dans votre microcosme, partiellement coupé du sens des évolutions subjectives et des ressentis populaires. C’est presque naturel. Mais je ne vais pas vous mettre sur le divan pour autant.
Votre interprétation du verdict des urnes participe selon moi d’une dénégation (partielle) de réalité, avec un contresens évident. Bien évidemment, des configurations singulières ont joué. La victoire de Luc Chatel à Chaumont ou celle d’Alain Cazabonne à Talence. Mais, sur le fond, un message clair, la droite a été désavouée. Les exemples que vous prenez pour expliquer l’effet local ne tiennent pas la route. Vous n’avez pas la science des chiffres, Jean-Michel. A Saint-Etienne, le candidat de la gauche, faisant 46 points contre 41 à la droite et 12 au MoDem, l’aurait remporté au second tour si le MoDem s’était désisté, compte tenu des reports de voix prévisibles. Reims, autre signe de votre calcul approximatif. La droite divisée au premier tour certes, mais pourtant réunie au second tour et, au final, 14 points à l’avantage de la candidate socialiste qui l’aurait emporté sans cette querelle des droites. Et Strasbourg, certes, un passif pour l’équipe sortante, mais pas de quoi expliquer les 17 points d’écart. Vous ne voulez pas voir un désaveu politique. Qui, du reste, ne concerne pas spécialement Sarkozy, mais constitue la sanction d’une politique de droite menée depuis 2002, ce que vous semblez oublier, vous qui jaugez la vie politique à l’aune des personnalités et des baronnies, vivant, à l’instar des artistes, dans une autre histoire, dans un autre monde, celui des célébrités, élites, gouvernants. Pourquoi faire l’autruche, pourquoi invoquer des exemples desservant à ce point votre démonstration, non sans avoir été provoqué par le facétieux Jean-François Kahn que je mets dans le même sac, bien que je lui reconnaisse quelque légitimité de part son érudition historique et cette douce folie héritée d’Erasme ? De nos jours, saint Augustin évoquerait plusieurs cités, celle de Dieu et puis celles du monde, avec la cité des médias et célébrités, la cité des artistes, la cité des gens, chacune dotée d’une histoire propre.
M. Aphatie, vous êtes dans la cité des médias, comme d’ailleurs ces politiciens de droite qui ont fait preuve d’une dénégation de réalité et d’interprétation (la gauche n’aurait sans doute pas fait mieux en pareille situation). Les uns invoquant l’abstention, les autres les significations locales, les bons mots des sondeurs et leurs directeurs délivrant les oracles. Il y a ceux qui votent par confiance envers une équipe municipale, par conviction idéologique, par habitude, et ceux qui sont hésitant et font basculer un scrutin. Ils sont les baromètres de la vie politique, représentent entre 10 et 25 % des électeurs et ce sont eux qui traduisent le sens des grandes tendances et en l’occurrence en 2008, la défiance des Français non pas vis-à-vis de Sarkozy, mais de la politique de droite. Certes, Sarkozy a été ostentatoire dans son exposition médiatique, mais ce n’est pas sur ce critère que l’UMP a reçu une cuisante défaite. Mais sur du vécu, de la difficulté à exister, à vivre, à voir un avenir, à joindre les deux bouts, à espérer, à prendre racine dans un mouvement historique et capter une confiance dans des gouvernements successifs depuis 2002.
L’autre soir sur Canal, Martine Aubry vous a rappelé quelques fondamentaux sur la vie des gens, après que vous l’avez titillée sur la gestion du PS, sur qui sera à la tête, Bertrand, Ségolène... comme si c’était une préoccupation essentielle des Français. Vous avez été recadré par cette Lilloise au tempérament froidement chaleureux. Décidément, je vous tiens pour sincère, mais je vous sens comme l’instrument d’un processus qui vous dépasse. Une improbable ruse comme dirait Hegel. Vous contournez le sens des élections. Tel un arbitre briefé par quelque idée préconçue, vous dépossédez les Français du message, du produit essentiel et alchimique de la démocratie, la représentation et son sens. Vous n’avez pas vu quelques tacles populaires ni sifflés les hors-jeu de position de la droite. Mais parfois, vous rectifiez le tir en ciblant les failles politiciennes car vous n’êtes pas un si mauvais arbitre quand vous le voulez. |
Chantal Sébire est morte. Une médiatisation exceptionnelle et une presse qui reste digne alors que le verrouillage de l’information sur le décès est mis en place pour des raisons que l’on sait. Cette mort réveille des tabous, soulève des questions de conscience et des débats de société montrant que la France reste, malgré sa réputation avant-gardiste gagnée par 1789 et ses Lumières, un pays en retard sur des questions pourtant évidentes. Combien de luttes et d’attentes avant que la pilule ne soit administrée légalement, puis l’avortement. Pendant des années, les femmes devaient franchir la Manche pour mettre un terme à une grossesse non désirée. Et les radios libres ? Elles avaient poussé comme des champignons en Italie, dans les années 1970 alors qu’en France l’Etat dépêchait ses policiers pour saisir les émetteurs pirates. Un Etat qui avait peur de la liberté d’expression, un Etat crispé sur l’idée qu’un groupe d’individus puisse diffuser une parole sur les ondes sans surveillance de la police pensante. Il aura fallu attendre 1982 pour qu’une libération des ondes soit autorisée alors qu’elle s’imposait de droit dans un pays se réclamant de la valeur Liberté. Et maintenant l’euthanasie qui attend.
Ce matin sur France-Inter, Jean-Luc Roméro et le Pr Didier Sicard, président du comité d’éthique ont débattu sur la question de l’euthanasie. Sicard s’est réfugié sur des sophismes grotesques, insistant sur le fait que la France n’est pas la Belgique ou la Suisse, qu’une tradition existe dans notre pays, qu’il ne faudrait pas calquer la législation française sur celle adoptée par la Belgique, bien réfléchir, penser à une solution française. A entendre ces billevesées formalistes, on ne peut qu’être choqué par tant d’indécence. Comme si l’image de la France devait entrer en ligne de compte dans la résolution d’une question aussi cruciale que la fin de mort et qui met proches et médecins face à la souffrance indicible. Il n’y a qu’une manière de gérer ces situations avec le moins de dégâts possibles, c’est celle qui repose sur les instruments les plus efficaces, moyennant un encadrement législatif garantissant qu’il n’y ait pas de dérives.
On aura remarqué que les propos de Sicard renvoient à des arguments et des symboles déjà utilisés par les opposants à l’avortement. Sur deux points essentiels. Rappelons-nous les débats dans les années 1970, avant et après la promulgation de la loi Veil sous le gouvernement Chirac, une loi accouchée dans la douleur des joutes parlementaires et des opposants se réclamant de l’ordre moral. Il a été dit que légaliser l’avortement, c’est inciter les femmes à avorter et banaliser cet acte, le généraliser. Alors on nous proposait l’exemple standard servant la casuistique morale, celui d’une mère célibataire qui ne voulait pas son enfant à naître puis, incitée par quelques proches et son curé (peut-être), a poursuivi sa grossesse jusqu’à son terme et, maintenant, se trouve en femme comblée ravie de pouvoir élever son petit d’homme, même si l’absence du géniteur occasionne quelque désagrément. Passons à la question de l’euthanasie. Et voilà le Pr Sicard qui, après bien d’autres, sort de sa boîte à outil casuistique le témoignage d’une femme au bord de la souffrance, qui demandait à mourir, avec le mari et le médecin prêt à faire l’injection, et puis qui, trois mois plus tard, toujours en souffrance, mais avec une étincelle de vie, se déclare satisfaite de ne pas avoir reçu l’injection fatale. Et de conclure avec la même sophistique sur une loi qui serait interprétée comme incitative, multipliant les cas d’euthanasie.
Autre ficelle utilisée, celle de la souffrance morale. Notre bon Pr Sicard s’inquiète des cas de conscience, des tourments, des regrets, des tortures morales que pourraient subir à la fois le conjoint, les enfants et l’équipe médicale chargée de diligenter et piloter l’aide à mourir. Au temps des débats sur l’avortement, que n’a-t-on pas entendu sur les risques psychologiques encourus par la jeune femme qui, toute sa vie, portera le fardeau de son enfant avorté. Etonnante similitude, cette invocation de la conscience cette société qui, par la voix de quelques autorités, s’arroge d’interférer avec les consciences de chacun sur des choix fondamentaux relevant du sacré. Ce n’est pas clairement explicite, mais les propos des opposants à une législation sur l’euthanasie peuvent être considérés comme attentant au principe de laïcité, pour ne pas dire les acteurs d’un fascisme moral. Le mot est lâché, mais il s’impose car une loi sur l’euthanasie laisse chacun libre de sa conscience et d’une appréciation de la situation. Et que les discours contre les demandes formulées par les familles, les médecins, Chantal Sébire, loin d’être réconfortant, sont de nature à accentuer ce trouble moral qu’ils dénoncent par ailleurs.
On peut se demander alors pourquoi, face à l’évidence d’une législation, les opposants au droit à l’aide à mourir ont-il pour l’instant le dernier mot. Peut-on invoquer une France qui ne s’est pas encore débarrassée de l’ordre moral des années 1960, une France qui veut liquider Mai-68, mais qui ferait mieux de liquider l’ordre catholique, moralement fasciste, hérité de Maurras ? On peut aussi s’interroger sur le ressort moral de ce combat. N’a-t-on pas affaire à quelque lâcheté. Il va de soi que l’absence d’une législation sur l’euthanasie règle de facto les cas de conscience de ceux qui, alors, n’auraient pas à réfléchir lorsqu’une situation critique se pose puisque l’absence de loi sous-entend que le législateur a réfléchi pour tous.
Dernier point de similitude, les pratiques en vigueur et les aveux de nombreux médecins recourant en toute liberté de conscience, et après consultation de la personne mourante et des proches, à l’euthanasie. Avec le risque, limité certes, d’être poursuivi. Une loi bien faite serait de nature à soulager cet acte médical délicat du sentiment d’être dans l’illégalité. Rappelons en 1971, dans Le Nouvel Observateur, le manifeste des 343 « salopes » ayant déclaré avoir avorté en toute illégalité. Faudra-t-il ressusciter les morts pour qu’ils signent un manifeste des 343 suicidés avec l’aide de la médecine ? A moins que ce ne soient les médecins qui s’en chargent, signant le manifeste des 343 « assassins ». |
Dernier acte de ce vaudeville pipolitique entre les époux Sarkozy et Airy Routier. On apprend que la plainte est retirée suite à une lettre d’excuse envoyée à Mme Bruni-Sarkozy par le journaliste du Nouvel Observateur. Les Champollion de la vie politique et de l’héro griffe carlasienne sont maintenant mobilisés. A vos plumes ! Pourquoi ce revirement ? Y a-t-il un rapport avec la défaite des municipales ? Si oui, le retrait de la plainte de la part du président eût été jugé comme un aveu. Alors autant passer par son épouse qui, par la même occasion, peut sortir des cuisines de l’Elysée pour concocter une tribune dans Le Monde. Et les méchants de moquer la première dame en titrant, Carla sait écrire ! Mais qui sait si un journaliste de Marianne aura l’audace de publier un SMS envoyé par Sarkozy à Routier : si tu t’excuses, j’annule tout et je retire ma plainte ! Qui va sonder l’âme de notre président et détecter un désir de recours en grâce et de pas passer pour un méchant auprès du grand public ? Tout va bien, tout va bien, Routier n’ira pas devant les tribunaux, pas d’amende, de dédommagement, de procès, Sarkozy passe pour un sage et Carla pour une gente dame. Circulez, tout est à voir, tout est transparent... mais insignifiant !
Décidément, la vie politique offre quelques distractions par ces temps moroses, quoique, il n’y ait rien de plus à dire sur cette affaire qui maintenant, est entre les mains des chansonniers et des guignols. Pas de quoi sortir une tribune à la Zola. Rigolons un bon coup, le Routier est sympa ! Mais quand même, si on lorgne en d’autres contrées, cette affaire du SMS reste comme un signe des pratiques agressives devenues courantes dans une presse qu’on appelle les tabloïds. Au même moment, on apprend que deux de ces journaux très britishs viennent de jouer une même mélodie en s’excusant auprès du couple McCann pour une affaire sordide. Les époux en question, reçus du reste par le pape, ont été soupçonnés d’avoir participé à la disparition de leur fille Maddy en Espagne. Ces excuses, publiées à la une, coïncident avec l’examen de la plainte en diffamation, déposée par les McCann, auprès de la Haute Cour qui a été saisie pour instruire cette affaire. Qu’en penser ? Une affaire de sous ? Eviter de payer une somme conséquente en montrant une bonne volonté à rétablir quelque vérité et reconnaître avoir péché par légèreté et une désinvolture inacceptable au vu du contenu affectif liant ces événements. Cela dit, même si les faits d’armes de la « presse des caniveaux » se répètent ces temps-ci, on ne doit pas oublier que ces pratiques sont déjà vieilles et rodées. Souvenons-nous de l’affaire Grégory. Les âmes prudes auraient pu penser que ce précédent pourrait servir de garde-fou moral, mais la presse n’est pas là pour faire la morale. Le journaliste n’est ni instit ni curé. Il fait de l’argent. Et son employeur est un comptable averti, connaissant le prix des avocats, le tarif des jurisprudences et le ratio entre le risque de pertes judiciaires et les espérances de gains en vendant un scoop ou une image. Et de vrais pros sont à l’affût car on ne présente pas un fait marquant comme une dépêche ordinaire, pas plus qu’un diamant ne s’offre à la vue sans être serti et dans un écrin. En plus, il faut détecter, humer, jauger. Si on est star, une simple pose, un baiser volé ou un dégueuli après une cuite, sont cotés au marché des scoops. Mais quand c’est un anonyme, alors il faut un événement scabreux. C’est rare mais ça peut se trouver, comme cette disparition de Maddy que les tabloïds ont converti en millions de livres. C’est tout un savoir-faire. Qui se transmet de génération en génération.
En règle générale, ce qu’on peut noter, c’est une intensification dans l’agressivité de la presse. Une tendance qui va de pair avec l’agressivité dans le monde du commerce, la pression mise sur les travailleurs, la folie des grandeurs, la démesure des opérations financières douteuses. On a appris récemment que la presse people a été piégée par le Marcel Béliveau d’Hollywood, montant une cabale avec Paris Hilton aux bras d’un vieux gourou, et la presse de diffuser l’information tellement grotesque qu’on peine à croire que les journaux se soient fait piéger. Sans doute n’ont-ils pas réfléchi. Il y avait les images, peu importe si c’était un canular, car ces images valaient de l’or. A côté de ces frasques de collégiens, le contrôle des paparazzis est devenue une affaire plus musclée. Echanges de coups, appareils photos arrachés par des gardes du corps pas très délicats et, maintenant, entrée en scène de la police devenue habilitée à protéger les stars « agressées » par des journalistes, suite à un décret promulgué par un type dont on est sûr qu’il connaît bien la question. Puisqu’il s’agit d’un certain Schwarzy, ancien acteur devenu gouverneur de l’Etat californien.
Ainsi va le monde, de plus en plus expressif, agressif, voué à la puissance mais aussi aux jeux du cirque, aux "dévorations" fantasmatiques liées au culte des images et au fétichisme des faits divers, des scoops. Le monde est aussi en guerre. Lutte à mort disent les Chinois en pensant aux Tibétains. Sachons reconnaître un moment de douceur, de sagesse incomparable, incarné par notre couple présidentiel qui annule sa plainte et, presque, s’en irait biser Routier en dépêchant Roberto, certainement un bon pote à Carla. La France montre l’exemple de la réconciliation. Merci Sarkozy. Peace, Love, bigophone. |







